Centrale des Œuvres Catholiques Apostoliques.

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Célébration de la messe du pèlerinage marial de Poponguine, lundi 25 mai

Cette année, 2026, c’est le diocèse de Ziguinchor qui est mis à l’honneur. Son Père évêque, Monseigneur Jean Baptiste Valter MANGA, préside la cérémonie eucharistique du lundi, point d’orgue de ce pèlerinage marial.

300 choristes des trois doyennés (Bignona, Ziguinchor et Oussouye) assurent l’animation liturgique avec leur père évêque, entouré des pasteurs des sept diocèses du Sénégal, du Nonce apostolique et de plusieurs dizaines de prêtres.

Le splendide nouveau sanctuaire aux couleurs bleu et blanc peine à accueillir les milliers de fidèles qui l’ont assailli aux premières heures.
En début de cérémonie, Le célébrant invoque Notre Dame de le Délivrande d’être l’avocate auprès de Dieu pour une abondance de grâces et de bénédictions. Il emprunte les paroles de l’ange en Diola, ni saafi Maria, pour souhaiter la bienvenue à tous les pèlerins au nom de tout le diocèse de Ziguinchor,marquant le rite d’ouverture de la messe solennelle de la 138e édition du pèlerinage marial de Poponguine.

La présence des autorités étatiques, politiques, religieuses et coutumières, les responsables civils et militaires et autres autorités venus en délégation et en masse réaffirment le légendaire vivre ensemble sénégalais.

La première lecture tirée du livre de la Genèse (3, 3-13, 20) rappelle le récit du péché d’Adam et d’Eve qui ont mangé du fruit de l’arbre qui leur était interdit, trompés par le serpent, animal désormais maudit.

Le psaume 87 nous enseigne que le Seigneur aime Sion, sa ville. Sion est la mère, tout homme est né en elle. Tous chantent et dansent car en elle toutes sources.

L’Evangile retrace l’épisode de la mort de Jésus sur le bois de la Croix où il confie sa mère Marie au disciple bien aimé, Jean.

Dans son enseignement le père évêque nous renvoi à l’annonce de l’ange Gabriel à Zacharie et Élisabeth puis à la vierge Marie au sujet du don de l’enfantement de Jean-Baptiste et de Jésus.

Dans les deux annonces, les deux sont troublés mais les paroles nous relatent l’attitude de Marie, modèle de retenue, de courage, de grande intériorité et de foi. Jésus naît et tout le monde est dans l’étonnement. Marie intériorise et garde tout dans son coeur. C’est dans ce contexte que les paroles de ce thème sont prononcées : sois sans crainte Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

La révélation du nom de Dieu depuis le buisson ardent s’accomplit en Jésus. Et c’est à une femme, Marie, épouse et mère, que Dieu confie cette mission. Pour mettre en avant la mission inouïe confiée à la vierge Marie, Monseigneur MANGA, se réserve le souvenir de la beauté de la culture locale, créole, où lors des fiançailles, la future femme, épouse et mère, reçoit une aiguille et un fil avec pour vision, de lui marquer sa capacité ou son rôle de raffermir et renforcer les liens entre les familles, entre les peuples, bref entre les hommes.

Le pèlerinage marial de Poponguine est une belle occasion de cohésion et de Communion de tous les diocèses pour une église unie. Il demeure un pilier important dans l’héritage sénégalais de la cohabitation entre chrétiens et musulmans, symbolisée par la présence historique des dignitaires musulmans et coutumiers dans ces occasions. Ce modèle de tolérance religieuse, l’entente et le vivre ensemble constituent une force majeure à préserver face à toutes les menaces qui pèsent sur la stabilité sociale.

Aux pieds de Maman Marie, l’église réaffirme son attachement et sa prière pour nos autorités étatiques, avec qui les relations entre le temporel et le spirituel ont très tôt été adoucies. Cette posture a ainsi beaucoup contribué, sous tous les régimes, à la construction d’une nation, unie, ouverte au dialogue et respectueuse de l’héritage culturel et social, à travers la grande considération de la dignité humaine.

L’Etat a toujours prôné, avec les autorités civiles et religieuses, des voies de dialogue, de respect mutuel et de recherche de la concorde. Selon Monseigneur MANGA, aucun projet national ne peut se construire sur la discorde, la vulgarité et la banalisation de la violence.

Le guide de l’église de Ziguinchor, zone aux frontières du Sénégal revient sur l’apport de ce rendez-vous marial dans le renforcement des relations avec nos pays voisins, que sont la Gambie, la Mauritanie, les deux Guinée et le Mali, dans un contexte marqué par des troubles multiples.

« Sois sans crainte Marie car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. »

Le thème sonne comme un puissant message, une invite aux pèlerins à s’armer, de courage et à marquer un refus à la peur en s’armant de la confiance de Dieu. Cette confiance doit être le moteur qui guide les fidèles, particulièrement les jeunes pour « affronter les dures réalités du quotidien, les obscurités, mais aussi les lumières. »

L’Ange du Seigneur la quitta nous dit l’Évangile. Et Marie reste seule avec la mission inouïe qui dépasse l’entendement humain. A la suite de ce rassemblement, les fidèles catholiques irons, comme Marie, affronter les dures réalités de la vie. À ces derniers, sel de la terre et lumière du monde, l’église propose une source abreuvoir, l’espérance.

Dans un pays où les catholiques sont minoritaires, le jeune chrétien, en quête d’affirmation de son identité est appelé à être témoin en vivant selon les valeurs évangéliques, en participant à la construction de la nation par la transparence et en étant témoin et pont de la paix entre les hommes.

Que Notre Dame de la Délivrande continue de raccommoder ce qui est déchiré et ce qui risque de l’être.

Suivant l’ambiance de la célébration, l’offertoire a été remarquable. Le diocèse a présenté, dans sa diversité, des produits de son terroir (vin de palme, fruits, riz, etc.) en actions de grâces pour les bienfaits accordés par le Seigneur, entre autres la nomination de son Excellence Monseigneur Jean Baptiste Valter Manga comme Évêque, la réconciliation des cœurs et des esprits dans la belle région du Sud.

Une magnifique procession au rythme de la Casamance a accompagné les dons à l’autel du Seigneur.

Avant la bénédiction, l’Archevêque métropolitain de Dakar a remercié tous ceux qui ont œuvré à la réussite et les a bénis.

Une belle cérémonie eucharistique qui s’est achevée par de belles sonorités du diocèse du Sud, Ziguinchor à l’honneur de cette 138 édition.