
Histoire du Diocèse de Nouakchott (Mauritanie)
Le Diocèse de Nouakchott est une juridiction territoriale de l’Eglise Catholique Romaine. Il couvre toute l’étendue du territoire de la République Islamique de Mauritanie, soit 1.030.700 Km2, pour une population d’environ 4 millions d’habitants.
Erigé en diocèse le 18 Décembre 1965 par le Pape Paul VI, ce territoire était, jusqu’à cette date, rattaché à la Préfecture Apostolique de Saint Louis du Sénégal dont le Préfet Apostolique, Mgr Joseph LANDREAU, cssp, décéda le 16 Juin 1965 à Zouerate, au Nord de la Mauritanie, à la suite d’un accident d’avion.
Ainsi détaché de la Préfecture Apostolique de Saint Louis et directement rattaché au Saint-Siège, le nouveau diocèse accueille comme premier évêque Mgr Michel BERNARD, cssp, qui prendra possession du Siège Episcopal de Nouakchott le 24 mars 1966.
A cette cérémonie de prise de possession étaient présents : Mgr PETIT, Nonce Apostolique de Dakar par intérim, Mr le Ministre des Affaires Etrangères de la Mauritanie, représentant le Président de la République Mr Moktar Ould DADDAH, Mme Mariem Ould DADDAH, épouse du Président de la République, Mr Jean François DENIOU, Ambassadeur de la France, ainsi que les Ambassadeurs de l’Allemagne, de l’Espagne, des Etats Unis d’Amérique, du Ghana et de la République Arabe Unie.
Avec sa longue expérience d’ancien Archevêque de Brazzaville, Mgr Michel BERNARD place le Diocèse de Nouakchott sous le patronage de « Marie Immaculée », sous le vocable de « Notre Dame de Mauritanie », de sorte qu’avec elle, à chaque 8 décembre, le peuple de Dieu rende grâce pour la création du Diocèse. Sous sa houlette, le diocèse grandit progressivement. Il fit construire la Cathédrale de Nouakchott dédiée à Saint Joseph et bénie le 15 décembre 1968, de même que le presbytère y afférent.
En 1974, le Diocèse de Nouakchott connaitra son deuxième évêque en la personne de Mgr Robert de CHEVIGNY. Nommé évêque de Nouakchott le 21 décembre 1973 par le Pape Paul VI, il recevra la consécration épiscopale le 23 février 1974 des mains du Cardinal Hyacinthe THIANDOUM, Archevêque de Dakar. Son épiscopat sera marqué par le souci de définir la ligne d’action du nouveau diocèse en Terre d’Islam, tiraillé entre l’appel de nos frères baptisés, notamment des migrants, et celui de nos frères musulmans. D’ailleurs c’est en ce sens que la session de fin d’année qu’animera l’évêque d’Oran, Mgr CLAVERIE s’articulera autour du thème : « Apostolat des laïcs et évolution de l’Islam ».
En 1976, arrivent à Akjoujt les Petites Sœurs du Sacré-Cœur du Père Charles de FOUCAULD. L’année 1986 marque la célébration du 20ème anniversaire de la fondation du diocèse. Fort de ses six missions dans différentes villes du pays (Rosso, Nouadhibou, Nouakchott, Atar, Zouerate, Kaedi), de ses onze prêtres, de ses trente-trois religieuses, de ses deux frères spiritains et des quelques volontaires de la DDC, le jeune diocèse poursuit son évolution et voit son orientation pastorale se préciser.
Toutefois, les événements de 1989 viendront affecter le visage de l’Eglise en Mauritanie. L’expulsion de près de 200.000 non-mauritaniens entraînera la disparition de plus de la moitié des chrétiens de Nouakchott. Quelques années plus tard, la situation se rétablissant peu à peu, les émigrés reviennent en masse dans l’espoir de continuer leur voyage vers l’Europe.
En 1995, après la démission de Mgr Robert de CHEVIGNY pour limite d’âge et raison de santé, un nouvel évêque est nommé par le Pape Jean Paul II. Il s’agit de Mgr Martin Albert HAPPE, ancien Administrateur Apostolique du Diocèse de Mopti au Mali. C’est lui qui préparera les jubilés diocésains du 40ème anniversaire en 2005 et du 50ème anniversaire en 2015, avec respectivement comme thèmes : « L’Eglise fidèle à Dieu et à l’Homme » et « Quel nouvel élan pour notre présence et témoignage en Mauritanie ? »
Durant cette période, le diocèse a connu d’importantes avancées tant au niveau des structures et des ressources humaines, qu’au niveau pastoral et administratif. De nouvelles maisons pour les communautés religieuses furent construites pendant que d’autres furent rénovées ; des bibliothèques, des jardins d’enfants, des salles informatiques et des centres virent aussi le jour. A Dakar, grâce au soutien des Diocèses de Münster et de Cologne en Allemagne, le diocèse investit dans un immeuble de dix appartements – Résidence Saint Joseph.
Bien que par la suite la Mission de Zouerate sera fermée en 2013 et que des congrégations religieuses quitteront le diocèse par manque de personnel, l’évêque aura la joie d’accueillir depuis 2001 des prêtres « fidei donum » venus, en l’occurrence, du Sénégal et plus récemment du Mali. Parmi les pionniers figure l’actuel vicaire général de Mgr Martin HAPPE qui, après des années de coopération missionnaire, a bien voulu s’incardiner dans le diocèse. Des jeunes prêtres feront la même démarche que lui en 2014 et en 2017, du fait de leur ordination des mains de mains Mgr Martin HAPPE au titre du Diocèse de Nouakchott, en la Cathédrale Saint Joseph.
En 2015, venant du Sénégal, les Filles du Saint Cœur de Marie s’installent à Rosso après le départ des Sœurs Missionnaires de la Société de Marie. A Kaédi, en 2016, des jeunes « Pilar Fathers » de la Sociétés des Missionnaires de Saint François Xavier de l’Inde prennent la relève des missionnaires spiritains, tandis que les deux jeunes prêtres du diocèse font de même à Atar.
Pendant la forte vague de l’immigration clandestine, le diocèse, particulièrement avec la paroisse de Nouadhibou et sa Caritas paroissiale et la paroisse de Nouakchott via sa cellule Accueil-Ecoute, s’investit énormément dans soutien et la formation des migrants ; la Mauritanie étant pour la plupart d’entre eux un pays de transit. Quant à la Caritas Mauritanie – une ONG de droit mauritanien, elle fait, depuis sa fondation en 1972 et bien au-delà du l’accompagnement apporté aux deux entités susmentionnées, un travail remarquable pour et avec les populations démunies et vulnérables en termes de formation, de sécurité alimentaire, d’accès à l’eau potable et aux activités génératrices de revenus.
En 2016, le Saint-Siège et l’Etat Mauritanien établissent des relations diplomatiques. Deux ans après, le 23 octobre 2018, le premier Nonce Apostolique du Saint Siège auprès de la République Islamique de Mauritanie, son Excellence Mgr Michael Wallace BANACH a présenté ses lettres de créance au Chef de l’Etat, son Excellence Mr Mohamed Ould Abdel AZIZ. Au sortir de son audience avec le Président, le Nonce s’est réjoui, et tout le diocèse avec lui, de cet événement qu’il qualifia de « moment très important » qui témoigne de la volonté d’entrer dans un véritable dialogue entre les religions, en collaboration avec le peuple et le gouvernement mauritaniens.
Sur la base des mémoires du Père Yves LESTEVEN
Source : Diocèse de Nouakchott (evechenkc.org)